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28 avril 2005.

Eaux pétillantes à la fête … mais en bouteilles !

Le mois d’avril 2005 aura fourni à deux entreprises suisses d’eaux (...)

Le mois d’avril 2005 aura fourni à deux entreprises suisses d’eaux minérales l’occasion de faire la fête. Place à la jeunesse du côté de l’usine de Gontenbad, dans le canton d’Appenzell, au nord-est de la Suisse, dont la patronne a été proclamée lauréate du Prix Veuve Clicquot 2005. Et, vers le sud-ouest romand, à la tradition centenaire des productions vaudoises d’Henniez dont on peut dire sans grand risque d’erreur que le nom est connu de la quasi-totalité des Helvètes.

Cent ans, ou de l’eau de cure à la boisson de table…

L’histoire moderne d’Henniez – dont la source avait été découverte par les Romains - commence en 1905 avec la fondation de la « Société des Bains et Eaux d’Henniez » et la mise en service de la première installation d’embouteillage. C’était une première en Suisse et un pas décisif vers le développement de la production industrielle d’eau minérale.

Env. 50 apr. J.-C. : les Romains découvrent la source.
Le nom d’Henniez provient d’Ennius, citoyen romain qui y possédait un domaine (Avenches – Aventicum - alors capitale de l’Helvétie romaine, n’était pas très éloignée). Plusieurs centaines de litres d’eau jaillissent chaque minute de la source d’Henniez sur le versant Est de la vallée de la Broye. La grande profondeur d’où provient l’eau de source lui assure une température constante de 9° C, quelle que soit la saison.

1688 : renouveau des cures thermales.
La chute de l’Empire romain entraîne la disparition des thermes. Et ce n’est qu’au XVIIe siècle que les bains recommencent à prospérer, en particulier en raison des vertus curatives attribuées à l’eau minérale. Celle-ci, que l’on boit ou dans laquelle on se baigne, est très prisée par les membres des cours royales européennes. En 1688, un médecin, Pierre-François Chauvet, construit l’Hôtel des Bains à proximité des sources. Les seigneurs de la région et, plus tard, les citadins surmenés, se rendront à Henniez pour y trouver calme et repos.

1880 : analyse scientifique de l’eau d’Henniez.
A la demande du Dr Virgile Borel, qui dirige les bains depuis 1880, le laboratoire cantonal analyse l’eau de source pour déterminer si son effet bénéfique a des fondements scientifiques. Effectivement, les résultats des prélèvements attestent officiellement que l’eau d’Henniez stimule les fonctions corporelles et favorise l’équilibre de l’organisme. Dès lors on viendra à Henniez (qui, soit dit en passant et contrairement à bon nombre de stations thermales européennes n’offrait ni divertissements ni plaisirs mondains) pour soigner arthrites et anémies, troubles intestinaux ou rénaux, fatigues et surmenages de toutes sortes.

1905 : première installation d’embouteillage.
Avec la fondation de la Société des Bains et Eaux d’Henniez en 1905 commence la véritable histoire de la société actuelle Sources Minérales Henniez SA. La première installation d’embouteillage entre en service la même année. Pour symboliser les vertus de l’eau d’Henniez, on choisit alors les anciens thermes, témoins du patrimoine culturel et historique, la porteuse d’eau gardienne des sources et l’étoile, pour le rayonnement et l’énergie transmise par l’eau à celui qui la boit.


L’eau d’Henniez fut tout d’abord mise en bouteilles pour les curistes des bains thermaux qui avaient ainsi la possibilité de prolonger leur cure à domicile. Plus tard, cette eau minérale considérée à l’époque comme un remède médicinal fut vendue en pharmacie. Après la seconde guerre mondiale, avec le changement des habitudes de consommation, l’eau minérale devient une boisson quotidienne. Au début du XXe siècle, on estimait que la consommation moyenne d’eau minérale était d’environ deux litres par personne et par an. Cent ans plus tard, elle atteint 126 litres.

Depuis cent ans, la société Sources Minérales Henniez SA a constamment augmenté le volume de ses ventes et de son chiffre d’affaires. Au cours des cinq dernières années, celui-ci a augmenté en moyenne de 3,1 % par an. 2003 et sa canicule enregistreront un résultat record avec l’écoulement de147,6 millions de litres d’eau minérale sur les étagères des magasins et les tables des restaurants. Avec une pointe de 1’846’322 bouteilles vendues le vendredi 20 juin.

Seule entreprise familiale suisse dans le secteur des eaux minérales à distribuer ses produits à l’échelle nationale, l’entreprise vaudoise compte aujourd’hui 322 collaborateurs. Ses patrons, Nicolas et Pascal Rouge, aiment à réaffirmer les valeurs traditionnelles qui constituent les piliers de la philosophie de la maison : indépendance, innovation, proximité avec ses clients.

À quoi s’ajoute un souci de développement durable : au cours des vingt dernières années, quelque 70’000 arbres ont été plantés dans le parc naturel d’Henniez, formant un bouclier naturel autour de la source et garantissant ainsi une eau saine et pure pour les décennies à venir.

Le site internet de la société Sources Minérales Henniez SA

Sources d’information : communiqués de presse, agences




Infos complémentaires

Bouchon de Champagne pour une femme d’Appenzell

Gabriela Manser, 43 ans, patronne des eaux minérales appenzelloises Gontenbad, a été désignée fin avril comme lauréate suisse du Prix Veuve Clicquot 2005, une distinction qui, dans une quinzaine de pays, récompense tous les deux ans des femmes qui affichent dynamisme et succès dans le monde des affaires.

Ancienne jardinière d’enfants, Gabriela Manser, a repris il y a six ans, des mains de son père, non seulement l’une des plus petites sources d’eaux minérales du pays, mais l’une de celles, de plus en plus rares, qui sont encore en mains suisses. En peu de temps, elle a réussi à faire passer de 2 à 7 millions de francs le chiffre d’affaires de cette PME qui occupe aujourd’hui 21 employés.

La jeune entrepreneuse a commencé par donner un nouveau nom à l’eau minérale de Gontenbad dont l’étiquette affiche désormais « Appenzeller Mineral » et à mettre en place une nouvelle chaîne de mise en bouteilles (capacité de 10’000 bouteilles à l’heure) avec pour objectif le doublement de la production actuelle qui tourne autour des 4,5 millions de bouteilles par année.

L’« Appenzeller Mineral » se décline maintenant en plusieurs variantes, laut, leise, still, c’est-à-dire, littéralement : bruyante, murmurante et silencieuse. Mais la grande innovation de Gabriela Manser est peut-être de s’être lancée dans les limonades et dans les sodas parfumés aux herbes, à la bergamote, aux fleurs de sureau et à la mélisse, ou encore, tout récemment, aux arômes de rose et de gingembre.

Le site internet de GOBA, Mineralquelle Gontenbad

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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