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Eau et catastrophes naturelles

Faits et chiffres
janvier 2005

- Pour protéger la santé des populations déplacées par suite du séisme et du tsunami en Asie du Sud (26 décembre 2004), la priorité immédiate demeure l’accès à un approvisionnement approprié en eau potable. Selon les estimations, entre trois et cinq millions de personnes ne peuvent pas satisfaire ces besoins humains fondamentaux, et les flambées d’épidémies pourraient se traduire par une augmentation significative du nombre des victimes. Un certain nombre de pays font déjà état d’une élévation des cas isolés de maladies diarrhéiques (OMS, 2005).

- Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) prévient que sans action immédiate et de vaste envergure afin d’approvisionner les populations en eau potable, des millions de personnes seront particulièrement exposées aux maladies à transmission hydrique. « L’eau stagnante pourrait s’avérer aussi meurtrière que la mer déchaînée », a déclaré Carol Bellamy, directrice générale de l’UNICEF. « Aujourd’hui, les centaines de milliers d’enfants ayant survécu aux énormes vagues qui ont dévasté leurs villages encourent le risque de tomber gravement malades en absorbant un verre d’eau », a-t-elle poursuivi.

- En 1998, les inondations en Asie ont tué 7 000 personnes, ont causé des dégâts importants dans plus de 6 millions de maisons et détruit 25 millions d’hectares de culture au Bangladesh, en Chine, en Inde et au Viêt-nam.· En septembre 2000, les inondations et les glissements de terrain au Japon ont entraîné l’évacuation de 45 000 personnes prises dans les eaux. Sur une période de vingt-quatre heures, les pluies ont été d’une intensité encore jamais atteinte depuis le début des enregistrements en 1891.

- En septembre 2000, de fortes pluies en Asie du sud-est ont entraîné des inondations sans précédent le long de la rivière du Mékong et de ses affluents.

  • Les eaux ont inondé certaines parties du nord de la Thaïlande, abîmant plus d’un demi million d’hectares de culture.
  • Près d’un demi-million de personnes dans le delta du Mékong (Cambodge et Viet Nam) ont dû abandonner leur maison.
  • Au Cambodge, la montée des eaux a submergé près de 400 000 hectares de culture ; des approvisionnements d’urgence ont été distribués à 1,4 millions de personnes.
  • En République Démocratique Populaire Lao, plus de 18 000 familles ont dû être évacuées des plaines d’inondation et les eaux déchaînées ont sérieusement abîmé un peu moins de 50 000 hectares de culture.

- La modélisation du réchauffement de la planète indique que les hausses de températures pourraient affecter de nombreux paramètres atmosphériques, notamment les précipitations et la vitesse du vent, et faire augmenter l’incidence des phénomènes climatiques extrêmes, tels que les orages et les fortes pluies, les cyclones et les sécheresses. Nul ne peut dire aujourd’hui s’il s’agit ou non d’une coïncidence, mais la compagnie de réassurance Munich Re a répertorié plus de 700 catastrophes en 1998, contre 530 à 600 au cours des années précédentes. Les catastrophes naturelles les plus fréquentes sont les tempêtes (240) et les inondations (170) qui engendrent à elles seules 85% de l’ensemble des pertes économiques (Munich Re 1998). (UNEP Global Environnement Outlook 2000)

- En 1999, les catastrophes naturelles ont entraîné la mort d’au moins 50 000 personnes. Bien entendu, la charge des sinistres est nettement plus élevée dans les pays pauvres : le nombre de décès occasionnés par ces phénomènes y est en effet 13 fois supérieur à celui enregistré dans les pays riches. (WWDR, 2003)

- Les bases de données du Bureau du gouvernement américain pour l’aide étrangère aux sinistrés (OFDA) et du Centre de recherche sur l’épidémiologie des catastrophes naturelles (CRED) révèlent avoir enregistré plus de 2 200 catastrophes (majeures ou mineures) liées à l’eau entre 1990 et 2001. Plus de la moitié de ces catastrophes ont pris la forme d’inondations, 28% ont provoqué des maladies d’origine hydrique et des maladies à vecteur, et 11% se sont traduites par des sécheresses. 35% de ces catastrophes ont eu lieu en Asie, 29% en Afrique, 20% sur le continent américain, 13% en Europe et le reste en Océanie.

- Une seule de ces catastrophes suffit, dans certains cas, à faire chuter de près de 10% le Produit national brut (PNB) des pays les plus démunis. D’après certaines estimations, les pertes économiques entraînées par les catastrophes liées à l’eau représenteraient aujourd’hui environ 20% des nouveaux besoins d’investissements en matière de ressources en eau.


Source : BULLETIN D’INFORMATION DU PORTAIL DE L’EAU DE L’UNESCO No. 75, - L’eau et les catastrophes naturelles, 7 janvier 2005

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