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29 octobre 2008.

Deux siècles de vie du glacier du Rhône en quelques secondes

C’est le résultat d’une collaboration entre les deux Ecoles (...)

C’est le résultat d’une collaboration entre les deux Ecoles polytechniques fédérales (EPF) de Zurich et Lausanne. La conjonction des nombreuses données accumulées par la première et d’outils numériques de modélisation développés par la seconde a permis de reconstituer une image du glacier du Rhône tel qu’il était en 1874 et tel qu’il pourrait être vraisemblablement dans un siècle. Jamais jusqu’ici une telle démarche n’avait porté sur une si longue période et n’avait pris en compte des données et modèles aussi complexes.

À Zurich, le Laboratoire d’hydraulique, d’hydrologie et de glaciologie de l’EPFZ dispose de nombreuses données sur les températures, les précipitations et le ruissellement du glacier du Rhône depuis le XIXe siècle. Deux chercheurs, Martin Funk et Matthias Huss, ont pu ainsi reconstituer le bilan de masse du glacier du Rhône, c’est-à-dire la différence entre la glace accumulée durant l’hiver et la glace fondue durant l’été.

À Lausanne, deux mathématiciens, Marco Picasso et Guillaume Jouvet, de la Chaire d’analyse et de simulation numérique de l’EPFL, ont intégré ces données dans leur modèle numérique et ont réussi à créer une simulation numérique du passé et du futur du glacier sur une période de 226 ans.

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Image EPFL

S’agissant de la période à venir (2008-2100), trois scénarios ont servi de référence. La variante médiane, « ni trop optimiste, ni trop pessimiste », prévoit sur un siècle une hausse de la température régionale de 3,8 degrés et des précipitations en baisse de 6%. Ces modifications feraient alors remonter significativement l’actuelle ligne d’équilibre (entre la zone d’accumulation de neige/glace et la zone de fonte) située autour de 3000 mètres. Si cette ligne s’élève, le glacier recule. Toujours pour ce scénario médian, la simulation indique une perte de 50% du volume en 2060 et prévoit l’extinction totale du glacier du Rhône aux alentours de 2100.

Les mathématiciens, qui veulent corroborer leur méthode, travaillent même à la reconstitution d’un glacier disparu dans les Grisons : l’analyse des moraines vieilles de 10’000 ans permet en effet de retrouver la ligne d’équilibre de l’époque. Leurs travaux vont sans doute se révéler d’une grande utilité pour tous les milieux concernés par l’état des glaciers, du tourisme à l’agriculture, en passant par les producteurs d’énergie électrique. Peut-être aussi pour les scientifiques qui étudient l’évolution des calottes glaciaires. (Source : communiqué EPFL)

Simulations disponibles sur le site de l’Institut d’analyse et calcul scientifique (IACS) de l’EPFL




Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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