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mai 2012.

Des moulins de Saint-Luc à l’usine hydroélectrique de Vissoie

En matière de patrimoine hydraulique, la Suisse s’enorgueillit (...)

En matière de patrimoine hydraulique, la Suisse s’enorgueillit surtout des bisses, ce système valaisan d’irrigation qui faisait appel à des techniques particulièrement adaptées au milieu alpin mais aussi à des structures originales de gestion collective. Pendant longtemps, les moulins à eau - nul ne saurait dire combien il y en a eu dans ce pays au cours des siècles mais leur inventaire se chiffrerait par milliers - n’ont pas fait l’objet d’autant d’attention de la part des autorités, du public ou des historiens. Christian Moser, géographe, s’est attaché à faire redécouvrir une part de cet héritage dans le Val d’Anniviers, par le biais d’un itinéraire qui va des moulins de Saint-Luc à l’usine hydroélectrique de Vissoie.

“Pendant des siècles, écrit Christian Moser, la force de l’eau fut la principale source d’énergie – en dehors de la force animale – pour démultiplier le travail de l’homme. Petit à petit, chaque village d’une certaine importance posséda son moulin à céréales, voire une succession de plusieurs turbines en bois assurant des fonctions diversifiées (pressage des noix et fruits, foulon pour travailler le drap ou le chanvre, martinets et scies actionnés par l’eau). On dénombrait plus de mille moulins en Valais au début du XIXe siècle.

Alors que les bisses ont fait l’objet d’études nombreuses depuis le début du XXe siècle et que l’on trouve actuellement en librairie de nombreux livres et guides sur le sujet, la littérature sur les moulins est très réduite, à l’exception de quelques ouvrages techniques (ceux du professeur Paul-Louis Pelet notamment). On ne trouve souvent aucune mention ou seulement quelques lignes sur les moulins dans les monographies régionales.”

A l’heure où, dans plusieurs communes, des associations ont été fondées pour restaurer le patrimoine hydraulique et l’ouvrir au public - notamment lors de la Journée suisse des moulins organisée chaque année à mi-mai (voir ci-contre) - Christian Moser, qui est aussi président de la Société de Géographie de Genève, propose, en une bonne trentaine de pages, un essai de synthèse sur ce patrimoine insuffisamment valorisé, sur les techniques jadis utilisées, le choix des meules, le financement des constructions, les conflits d’usage de l’eau, ou encore les raisons de l’abandon de ces installations à la fin du 19e siècle.

S’il a choisi les moulins de Saint-Luc, c’est, entre autres, parce qu’ils présentent une succession de cinq machines hydrauliques qui ont toutes une fonction différente et répondent aux divers besoins d’une communauté villageoise vivant en autarcie. Abandonnés pendant plusieurs décennies, ils ont pu être sauvés de la dégradation totale suffisamment tôt et offrent la garantie d’une grande authenticité. De plus, leur visite peut s’intégrer dans un parcours pédestre au fil de l’eau évoquant "la permanence au cours du temps de l’exploitation de l’énergie hydraulique".


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Christian Moser, "Des moulins de Saint-Luc à l’usine hydroélectrique de Vissoie - À la découverte du patrimoine hydraulique valaisan",
Travail de fin d’études pour l’obtention du ’Certificat Patrimoine et Tourisme’, Université de Genève, octobre 2010.

Ce texte, qui propose également plusieurs illustrations, est complété par une liste des moulins valaisans restaurés et ouverts au public, un glossaire, une bibliographie sommaire et quelques renseignements pratiques sur les visites des moulins de Saint-Luc et sur les itinéraires pédestres de découverte de ce patrimoine hydraulique. Ce document (pdf, 3 Mo) peut être téléchargé ici (téléchargement aimablement autorisé par son auteur).

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Christian Moser Moulins Valais










Infos complémentaires

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Moulins de St-Luc :
la roue verticale du foulon
(photos C.Moser)


19 mai 2012 :
JOURNÉE SUISSE
DES MOULINS

Depuis une dizaine d’années, l’Association suisse des amis des moulins organise une Journée suisse des moulins, traditionnellement fixée au samedi qui suit la fête de l’Ascension. Depuis la première journée, qui en 2001 avait enregistré la participation de 62 moulins, le nombre de ceux qui ouvrent leurs portes aux visiteurs a plus que doublé puisque, comme l’an passé, ce ne sont pas moins de 127 installations qui ont annoncé leur participation à la journée du 19 mai 2012.

Sur les quelque 6’000 à 7’000 moulins qu’a pu compter jadis la Suisse, il ne reste qu’environ 300 installations historiques, restaurées, du moins partiellement, au cours des dernières décennies. Ces restaurations ne concernent pas uniquement des moulins, mais aussi des scieries à roue hydraulique, des moulins à huile ou à pilons, des forges à martinet ainsi que de nombreuses autres installations annexes, y compris quelques microcentrales hydroélectriques.

- Pour en savoir plus sur cette Journée et sur l’inventaire national de ces installations, voir le site de l’Association des amis des moulins suisses


Voir aussi, dans l’album photo d’aqueduc.info :
- Moulins du Val d’Anniviers (Valais)
- Moulins du Col-des-Roches (Le Locle)

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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