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30 octobre 2007.

Des cordons d’arbres pour protéger les rivières

Créer des cordons boisés au bord des rivières pour ombrager les (...)

Créer des cordons boisés au bord des rivières pour ombrager les cours d’eau et les protéger du soleil, ce qui permettra ainsi de sauver des poissons : telle est la démarche, qui se veut pragmatique et réaliste, du projet « Clim-arbres » lancé par une équipe interdisciplinaire et présenté par l’École d’ingénieurs de Lullier (Genève). Une première mise en œuvre expérimentale est d’ores et déjà prévue sur les rives du Boiron, dans la région de Morges (Vaud).

Ce projet concret de biologie appliquée propose des réponses pratiques, directement applicables et qui plus est relativement faciles à mettre en oeuvre localement, à la question des effets du réchauffement climatique. Clim-arbres consiste à tester la possibilité de produire massivement de l’ombre végétale sur les cours d’eau afin de diminuer leur réchauffement. Ce faisant, voire en abaissant la température à certains moments de l’année et de la journée, il serait ainsi possible de contribuer à préserver certaines espèces de poissons particulièrement sensibles.

Quand l’eau se réchauffe, certaines espèces sensibles comme les salmonidés déplacent leur habitat vers l’amont des rivières, car les parties situées en aval deviennent trop chaudes. Mais leur migration se heurte trop souvent à des obstacles infranchissables, généralement construits par l’homme. Avec l’élévation des températures, les zones favorables au développement de certaines populations piscicoles vont donc se réduire.

A quoi s’ajoute le fait que la hausse de la température de l’eau favorise aussi le développement de maladies, comme la maladie rénale proliférative qui attaque les reins des poissons et qui se déclare lorsque la température de l’eau dépasse 15° C.

On notera également que les cordons boisés n’ont pas pour seul avantage de modérer la température. Selon les essences employées, ils contribuent de manière spectaculaire à l’établissement durable de nombreuses espèces d’animaux, notamment de mammifères et d’oiseaux. Quant à la végétation le long des rivières, elle joue un rôle essentiel dans le paysage et contribue à la qualité de vie des riverains.

Clim-arbres répond à la demande de l’Office Fédéral de l’Environnement de mettre en place une politique nouvelle en matière de protection des cours d’eau. La mise en oeuvre du projet débutera par une phase expérimentale au bord du Boiron de Morges, ainsi que sur les principaux affluents du Léman. Cela devrait permettre, entre autres, d’estimer l’efficacité de telles mesures pour lutter contre les effets du réchauffement, ainsi que d’estimer les coûts réels, à l’échelle de toute une région, qu’induirait cette politique nouvelle.

(Source : dossier de presse Hes-SO/Genève)

Voir le site clim-arbres.ch, "rivières et réchauffement climatique"




Infos complémentaires

Ancien obstacle infranchissable
sur le Boiron de Morges

Exemple de rivière exposée, la Venoge

Exemple de rivière protégée, le Boiron de Morges

Photos dossier de presse
Hes-SO/Genève

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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