Ce mariage de l’eau et du riz qui fait vivre la moitié du monde
Je suis le riz vous êtes l’eau
au champ on est inséparables
au village on vit côte à côte
chaque fois qu’on se voit
c’est une histoire d’amour
on est ensemble pour toujours
de la rizière à la marmite
(d’après une chanson malgache)
Aucune culture ne consomme autant d’eau que celle du riz, nulle autre céréale que le riz n’est capable de résister pareillement à l’inondation. Et quand on sait que cette culture vivrière nourrit plus de la moitié de la population mondiale et que le 21e siècle pourrait être celui des grandes batailles de l’eau douce, il n’est pas inutile de s’attarder une fois sur ce mariage entre ces deux "éléments" indispensables à la survie de la planète. L’actualité internationale en fournit une bonne et double occasion.
2004, tout d’abord, est placée par l’ONU sous le label de l’Année internationale du riz. Le fait qu’elle suive immédiatement l’Année de l’eau n’est pas une simple coïncidence. Par ailleurs, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) vient d’organiser à Rome, les 12 et 13 février, une Conférence sur le riz "pour affronter les questions les plus pressantes auxquelles doit faire face le secteur rizicole mondial, des méthodes de production locales au commerce international".

- Photo EcoPort-Faidotti
L’eau joue un rôle primordial dans la production de riz. À la différence de la plupart des techniques agricoles qui utilisent l’eau essentiellement dans un but de production, la culture du riz a besoin d’eau non seulement pour assurer la croissance de la plante, mais aussi pour préparer et entretenir les terrains et pour y maintenir un niveau d’eau et un taux d’infiltration suffisants.
Pour se développer, les plants de riz doivent pratiquement avoir en permanence "les pieds dans l’eau mais la tête hors de l’eau". C’est d’ailleurs l’unique céréale capable de subsister sans dommage à l’inondation. Grâce au processus de sélection naturelle qu’il a connu au cours des millénaires, ce végétal s’adapte aujourd’hui à des situations extrêmes : quand le niveau d’eau monte très haut, ses tiges s’allongent pour trouver l’oxygène nécessaire (riz flottant) ; à l’inverse, il montre une grande résistance à la sécheresse.
Les populations paysannes ont depuis longtemps appris à maîtriser "ses jeux et ses caprices". D’où les différents types de culture et de gestion de l’eau comme autant de réponses aux variétés de sols et de climats. Mais aussi des pratiques fondées sur l’intérêt collectif : les différents travaux de rizière - du labour à la moisson en passant par la mise en eau, le repiquage ou le drainage - nécessitent des calendriers organisés de manière simultanée sur de grandes superficies.
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En bref...
Plus de 90 % du riz mondial provient de la riziculture irriguée, pluviale ou en eau profonde
Les rizières occupent environ 140 millions d’hectares de la surface du globe
La culture du riz irrigué exige au total une "tranche d’eau" variant entre 900 et 2’250 millimètres
On compte qu’il faut en moyenne plus de 2’000 litres d’eau pour obtenir un kilo de riz
Une partie de l’eau qui sert à la culture du riz est recyclée pour d’autres utilisations
Les riz cultivés sont de deux espèces : oryza sativa (la plus cultivée, originaire du sud-est asiatique et qui a donné de nombreuses variétés) et oryza glaberrima (originaire de l’Afrique de l’Ouest)
Selon les climats et le cycle des différentes variétés, on obtient de une à trois, voire quatre récoltes par an.
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