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15 juin 2020.

CORONAVIRUS DANS L’EAU : 12 FAITS À RETENIR

De l’importance de l’accès à l’eau et de l’hygiène en temps de crise

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Quels liens y a-t-il entre le virus Covid-19 et l’eau ? Est-il encore possible d’utiliser de l’eau non traitée ? Le coronavirus peut-il être présent dans l’eau du robinet ou dans les rivières ? Voilà quelques-unes des nombreuses questions posées un peu partout dans le monde par la pandémie. Pour y répondre, l’Université de Technologie de Delft, aux Pays-Bas, et les collaborateurs de son programme mondial pour l’eau potable [1] propose, en un coup d’œil, un tour d’horizon de 12 faits scientifiques qui résument les connaissances actuelles sur ce sujet d’importance planétaire. Dans cette infographie (cliquer sur l’image ci-contre pour la télécharger), il est question de l’accès à l’eau et de l’hygiène en période de pandémie, et des comportements qu’il convient d’adopter pour prévenir au mieux la propagation du virus à travers les usages de l’eau.

1. Le virus infectieux a pu être facilement isolé dans des échantillons provenant de la gorge et des poumons de patients hospitalisés. Mais aucun virus Covid-19 infectieux n’a pu être extrait de matières fécales qui pour lui représentent vraisemblablement un milieu hostile.

2. Du matériel génétique du virus Covid-19 a été retrouvé dans des eaux usées. Les chercheurs proposent que la détection du virus dans les stations d’épuration soit utilisée comme un outil de surveillance sensible pour surveiller et prévenir sa propagation dans la population [2].

3. Le SARS-CoV-1, un virus très semblable au Covid-19, survit mal dans de l’eau dont la température est supérieure à 20°C. Il est très probable que dans les mêmes conditions le virus COVID-19 soit lui aussi inactif dans l’eau.

4. D’autres virus sont plus résistants dans l’eau que le virus Covid-19, notamment le rotavirus qui est la principale cause de gastro-entérites graves chez les nourrissons et les jeunes enfants ainsi que le poliovirus propagateur de la poliomyélite.

5. L’accès à l’eau potable et l’assainissement des eaux usées sont des éléments de première importance dans la lutte contre les maladies infectieuses telles que le Covid-19.

6. Le traitement de l’eau à domicile permet d’éliminer les virus de l’eau mais le choix de la technologie de traitement appropriée doit être fait avec soin. Là où l’approvisionnement en eau centralisé n’est pas géré de manière sûre, l’ébullition, la chloration et l’ultrafiltration offrent des solutions domestiques efficaces pour éliminer les virus.

7. Le virus Covid-19, comme d’autres virus corona humains, peuvent persister durant plusieurs jours sur les surfaces des toilettes et sur des surfaces inanimées comme le métal, le verre ou le plastique. Pour les inactiver efficacement et très rapidement, il est recommandé de procéder à une désinfection des surfaces avec des solutions hydroalccoliques [3].

8. Se laver régulièrement les mains avec du savon est un moyen efficace de prévenir la propagation du coronavirus.

9. Le virus Covid-19 se répand par contact avec des surfaces contaminées ou des gouttelettes d’eau émises lorsqu’on éternue ou que l’on tousse. Lors de tests sur le plastique et l’acier inoxydable, il a été détecté jusqu’à 72 heures après l’application, tandis qu’il a disparu sur le cuivre et le carton après respectivement 4 et 24 heures.

10. La présence de virus Covid-19 infectieux dans les prises d’eau de surface destinées à la production d’eau potable est très peu probable. Celles-ci sont idéalement situées en amont de tout rejet d’eaux usées ou au moins suffisamment en aval pour garantir le mélange et l’élimination des micro-organismes pathogènes.

11. Les usines de potabilisation de l’eau sont conçues et équipées pour inactiver les virus les plus persistants dans l’eau. Elles sont efficaces dans la lutte contre le virus Covid-19, lequel est même plus sensible aux désinfectants que d’autres virus [4].

12. L’eau du robinet, gérée en toute sécurité, est très bien protégée contre tous les virus, y compris le virus Covid-19.

(Source : University of Technology, Delft, NL)



Notes

[1L’Université de technologie de Delft est la plus ancienne et la plus grande université technique des Pays-Bas. Elle compte 8 facultés et 25’000 étudiant(e)s et emploie quelque 6’000 personnes dédiées à l’enseignement et à la recherche de haut niveau. Son programme mondial pour l’eau potable se consacre principalement à l’étude de différents aspects de l’approvisionnement en eau potable.

[2Voir : Surveiller les eaux usées pour traquer le coronavirus, aqueduc.info, 10 avril 2020.

[3En 2005, sur la base des recherches menées par le professeur Didier Pittet, responsable du service de prévention des infections aux Hôpitaux universitaires de Genève, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a un modèle universel d’hygiène des mains, « Clean Care is Safer Care », pour la sécurité des patients et du personnel hospitalier. Le Guide de Production locale selon les formulations des produits hydro-alcooliques recommandés par l’OMS est disponible sur son site.

[4Voir : Pas de coronavirus dans l’eau potable, aqueduc.info, 13 mars 2020.

Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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