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août 2010.

ASL : 30 années de batailles pour la sauvegarde du Léman

L’Association pour la sauvegarde du Léman (ASL) fête ses trente ans (...)

L’Association pour la sauvegarde du Léman (ASL) fête ses trente ans d’existence. Fondée en 1980, cette association franco-suisse s’est donné pour but de sauvegarder durablement la qualité des eaux de tout le bassin lémanique, le lac et ses rivières. 30 ans d’activités en tous genres qui font aujourd’hui figure de "success story" mais ne vont pas s’arrêter de sitôt. Car, comme dit Bernard Lachavanne, son président et co-fondateur, "ce n’est pas parce que le Léman va mieux qu’il est guéri".

La revue trimestrielle "Lémaniques", éditée par l’ASL, consacre un numéro spécial à ce 30e anniversaire, célébré entre autres le 29 août par une journée populaire et festive sur les rives lausannoises du Léman. Trente ans, écrit la biologiste Raphaëlle Juge, que cette association se bat "pour conserver ce précieux patrimoine afin que les générations futures jouissent toujours d’une eau potable irréprochable et d’une qualité de vie reconnue et enviée".

Son bilan est très positif sur plusieurs plans, explique Bernard Lachavanne : "Dans le domaine écologique, la qualité des eaux est meilleure, grâce à la diminution des phosphates et des métaux lourds. Sur le plan social, les conditions de la pratique des sports et loisirs nautiques ainsi que de la pêche amateur se sont améliorées car les quantités d’algues, de plantes et de microbes ont diminué, l’eau est devenue plus transparente et il reste juste ce qu’il faut de nourriture pour que prolifèrent les ’bons’ poissons. Au niveau économique, la pêche professionnelle et les activités touristiques en bénéficient également. Un autre motif de grande satisfaction est d’avoir contribué, grâce à de très nombreuses actions d’information, à ce que les acteurs de l’eau de la région lémanique prennent conscience des enjeux liés à la pollution et réagissent en conséquence."

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Le Léman, Port de Cully (photo © aqueduc.info)

Lorsque l’ASL a été créée, on pensait dans les milieux officiels que la construction des stations d’épuration réglerait tous les problèmes de pollution constatés dans les eaux du lac. On sous-estimait largement les pollutions générées par les pratiques agricoles ou par toutes sortes de rejets nuisibles dans les rivières. Ce n’est pas le moindre des mérites de l’ASL d’avoir attiré l’attention sur la nécessité de développer, parallèlement aux activités curatives, des mesures de prévention et de lutte à la source contre les pollutions. Non sans succès. L’ASL a notamment joué un rôle de premier plan dans la décision prise par la Suisse en 1986 déjà (la France ne le fera qu’en 2007 !) d’interdire les phosphates dans les produits de lessive.

“Ce n’est pas parce que le Léman va mieux
qu’il est guéri”

L’ASL est bien décidée à maintenir le cap qu’elle s’est fixé car plusieurs défis restent à relever : les pollutions mal maîtrisées voire méconnues, en particulier celles engendrées par les micropolluants de toutes sortes, l’accroissement de la population dans le bassin lémanique et celui concomitant des activités qui constituent autant de nouvelles sources potentielles de pollution, les risques liés aux changements climatiques dont on est loin de prévoir tous les impacts.

L’Association pour la sauvegarde du Léman attache par ailleurs une importance capitale à la sensibilisation et à l’éducation des jeunes en matière de gestion durable de l’eau afin de les préparer à faire face aux problèmes de demain. Elle continuera également à s’investir dans la diffusion de la méthode LEMANO qu’elle a mise au point avec l’Université de Genève à l’usage des collectivités de la région lémanique pour une meilleure gestion de leurs ressources en eau et de leurs bassins de rivières. (bw)

- Le site web de l’ASL
- L’ASL dans les articles de aqueduc.info




Mots-clés

Glossaire

  • Eau potable

    La législation suisse sur les denrées alimentaires définit l’eau potable comme une "eau naturelle ou traitée qui convient à la consommation, à la cuisson d’aliments, à la préparation de mets et au nettoyage d’objets entrant en contact avec les denrées alimentaires". Cette eau doit être "salubre sur les plans microbiologique, chimique et physique". La loi définit de manière précise les exigences de qualité auxquelles elle doit satisfaire en tout temps et les concentrations maximales admissibles de diverses substances.

Mot d’eau

  • Eaux de source

    "Rosette témoigna, pour apaiser sa soif, le désir de boire aussi de cette eau, et me pria de lui en apporter quelques gouttes, n’osant pas, disait-elle, se pencher autant qu’il le fallait pour y atteindre. Je plongeai mes deux mains aussi exactement jointes que possible dans la claire fontaine, ensuite je les haussai comme une coupe jusqu’aux lèvres de Rosette, et je les tins ainsi jusqu’à ce qu’elle eût tari l’eau qu’elles renfermaient, ce qui ne fut pas long, car il y en avait fort peu, et ce peu dégouttait à travers mes doigts, si serrés que je les tinsse." (Théophile Gauthier, "Mademoiselle de Maupin", (...)

Mot d’eau

  • « Le fleuve me hantait »

    "La proximité de sa grandeur réveillait en moi une antique terreur des eaux qui, en présence des rivières et des fleuves, même vus du rivage, me tourmente l’âme. La fluidité des eaux fluviales, lentes ou rapides, me trouble, où je décèle un monde à demi visible de formes fugitives qui tentent et parfois fascinent l’âme inattentive. Ce sont des êtres sinueux et insinuants que les fleuves et les rivières, même farouches." (Henri Bosco, "Malicroix", 1948)


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