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30 juillet 2010.

1600 castors recensés dans les cours d’eaux suisses

Réintroduits en Suisse il y a une cinquantaine d’années, les castors (...)

Réintroduits en Suisse il y a une cinquantaine d’années, les castors semblent s’y être installés de manière durable. Un recensement national effectué en 2008 à la demande de l’Office fédéral de l’environnement en a dénombré quelque 1’600 le long des grands cours d’eau. Une analyse des données détaillées de ce recensement vient de paraître et présente la distribution du castor, ses besoins et les mesures à prendre pour résoudre les éventuels conflits de cohabitation avec l’homme.

Selon les experts de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), la réintroduction du castor en Suisse représente un véritable succès dans l’histoire de la protection des espèces. Le castor a redonné aux cours d’eau une dynamique perdue depuis longtemps. Il constitue une espèce clé pour la biodiversité : en abattant des arbres et en creusant dans les zones riveraines, il crée des habitats dans les étangs, les cours d’eau calmes et les marais ainsi qu’à leurs abords, dont bénéficient une multitude d’insectes, d’amphibiens, de poissons et d’oiseaux.

Mais pour assurer la durabilité de ce succès, de grands efforts de revitalisation des cours d’eau doivent être entrepris afin que le castor puisse à l’avenir coloniser des territoires à l’abri des dérangements. A cet effet, il faut en premier lieu restituer aux cours d’eau l’espace qui souvent leur fait défaut. Cela ne va pas de soi, car homme et castor entrent parfois en conflit, notamment lorsque le rongeur inonde des terres cultivées ou cause des dommages aux infrastructures environnantes.

La publication de l’OFEV explique comment éviter ce type de dégâts et apporte d’utiles informations sur la protection de l’espèce ainsi que sur la mise en réseau et la valorisation de ses habitats. Elle renseigne également sur les besoins du castor, à savoir une berge d’une largeur de 10 à 20 m exploitée de manière extensive qu’il peut aménager à son gré. Une telle zone permet d’éviter nombre de conflits.

Le fait que les cantons sont désormais tenus de délimiter l’espace réservé aux eaux et d’élaborer des programmes de revitalisation des cours d’eau permettra de créer de nouveaux habitats pour le castor. En tant qu’espèce clé de voûte, le castor peut en contrepartie favoriser le retour des cours d’eau à un état plus naturel et contribuer au développement de la biodiversité. (Source : OFEV)


Vivre avec le castor
Recensement national de 2008 ; perspectives pour la cohabitation avec le castor en Suisse
Document de 156 pages publié par l’Office fédéral de l’environnement (2010), téléchargeable sur le site de l’OFEV




Infos complémentaires

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:: Quelques données sur le recensement suisse des castors

- En Suisse, les derniers castors ont été exterminés au début du 19e siècle. Leur réintroduction a commencé dans les années 50. En 1978, un premier recensement estimait l’effectif à 130 animaux. En 1993, un deuxième comptage faisait état de 350 individus.

- En 1996 le castor fut inscrit sur la liste rouge en tant qu’espèce "en danger critique d’extinction". Depuis, la situation s’est nettement améliorée et les populations de castors ont en général fortement accru leurs effectifs dans toutes les régions du pays.

- Durant l’hiver 2007-2008, plus de 250 personnes ont parcouru 6’400 km de tronçons de cours d’eau à la recherche de traces de castors. Plus de 16’000 traces individuelles ont été recensées et reportées sur des cartes. Ces données ont ensuite été numérisées et configurées pour être traitées par un système d’information géographique.

- Un total de 472 territoires de castors ont été dénombrés en Suisse et dans les cours d’eau frontières. L’effectif est estimé à 1’600 individus occupant environ 1’400 km de cours d’eau et de rives lacustres.

- Dans le bassin versant du Rhin, les castors forment actuellement une population presque continue le long des grandes rivières que sont l’Aar, le Rhin et la Thur. Dans le bassin versant du Léman par contre, on distingue trois populations : l’une concentrée sur le Rhône en Valais, l’autre dans le canton de Vaud et la troisième sur l’Arve et le Rhône dans le canton de Genève.

- Depuis les grandes rivières, le castor a graduellement étendu son aire de distribution aux petits affluents de plaine. 170 territoires ont été recensés sur de petits affluents et 32 sur des plans d’eau de moins de un hectare. Aujourd’hui, plus de 40 % des territoires de castor se trouvent le long de petits cours d’eau, localisés pour la plupart en zone agricole. (Source : OFEV)

Mots-clés

Mot d’eau

  • Contempler l’eau

    “Je ne connais pas d’occupation plus totale de soi que de contempler l’eau, surtout l’eau mi-morte. À la fois plaisir et souffrance, divertissement de chaque minute et ennui compact des heures, plénitude et vide ; on vit avec une profonde et sourde intensité en même temps qu’on se détache et s’oublie, on se pétrit et on se délite dans une contradiction dont on ne cherche pas la clé, et il y en a certainement une, mais inutile. À quoi bon comprendre ?” (Alexandre Arnoux, “Rhône, mon fleuve”, 1967)

Glossaire

  • Porosité, perméabilité

    Les deux mots ne doivent pas être confondus car une roche poreuse (un grès par exemple) peut être perméable ou imperméable. On parle de la porosité d’un milieu, d’un sol ou d’une roche lorsqu’ils comportent des pores, c’est-à-dire des vides et des interstices de petite taille parfois microscopique. Le calcul de la porosité permet d’évaluer la capacité de stockage d’un milieu. On parle de perméabilité d’un milieu lorsqu’il est apte non seulement à se laisser pénétrer par un fluide, mais également à être complètement traversé par lui.


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